L’art à l’épreuve du regard
Ce parcours nous invite à explorer deux façons de questionner la création, à travers deux oeuvres aux visions opposées : l’une minimaliste, l’autre viscérale.
D’un côté, Art de Yasmina Reza : un tableau blanc, objet de discorde, interroge la valeur de l’art contemporain, la subjectivité du regard et la fragilité de l’amitié. De l’autre, Transfiguration d’Olivier de Sagazan : une performance où l’artiste se métamorphose en sculpture vivante.
Une conférence en lien avec ce parcours sera organisée avec le FRAC (informations à venir).
Art
De François Morel, d’après Yasmina Reza
Du 17 au 20 mars
Triomphe à sa sortie en 1994, Art de Yasmina Reza est devenue un classique du théâtre contemporain. François Morel et ses complices des Deschiens, Olivier Broche et Olivier Saladin, nous offrent une version où l’amitié, aussi solide que fragile, se confronte à l’absurdité d’un tableau blanc acheté 40 000 €.
Dans un intérieur bourgeois dépouillé, signé Édouard Laug (le scénographe de la première version), un canapé et le célèbre monochrome blanc deviennent le terrain d’un affrontement aussi drôle que cruel. Marc, ingénieur, Serge, dermatologue, et Yvan, employé dans une papeterie, se connaissent depuis des décennies. Pourtant, l’achat de ce tableau, qualifié de « merde » par Marc, suffit à ébranler leur relation et à en révéler les non-dits.
De ce texte à l’efficacité implacable, le trio, amis dans la vie comme sur scène, en révèle toute l’authenticité avec une candeur touchante. Moins un pamphlet contre l’art contemporain qu’un hymne à l’amitié, leur interprétation dévoile toute la complexité des rapports humains, entre disputes, mauvaise foi et joie de la réconciliation.
> Molières 2026 : quatre nominations dans les catégories Spectacle Théâtre Privé, Comédien (François Morel et Olivier Saladin) et Mise en scène (François Morel).
Transfiguration
D’Olivier de Sagazan
Jeudi 1er avril
Créée en 1998 et jouée dans le monde entier, Transfiguration est une performance où l’artiste plasticien Olivier de Sagazan, biologiste de formation, se métamorphose en sculpture vivante, bousculant les frontières de l’art.
Sur scène, vêtu de son costume noir, il se couvre le visage d’argile et de peinture, sous nos yeux, défigurant progressivement son identité pour faire surgir des créatures hybrides, entre homme, animal et entités indéfinissables. Ses gestes, à la fois frénétiques et précis, sculptent son corps en direct, où chaque couche d’argile révèle une nouvelle essence, une forme inédite.
« Je suis sidéré de voir à quel point les gens pensent qu’il est normal d’être en vie. Tout mon objectif est de rendre compte de l’étrangeté même d’être là », confie-t-il.
Inspiré par les univers d’Antonin Artaud, Samuel Beckett ou Francis Bacon, Transfiguration s’impose comme un rituel chamanique, où l’artiste, à l’aveugle, explore les profondeurs de son identité et de la condition humaine. Entre virtuosité, mystique et animalité, cette performance est à la fois captivante et troublante.
Retrouvez les informations sur la conférence du FRAC prochainement.




